Un tandem féminin à l’assaut de la CGC

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Un tandem féminin à l’assaut de la CGC

La centrale des cadres ouvrira son congrès dans un mois. Carole Couvert, favorite, veut faire de Marie-Françoise Leflon, négociatrice emploi, sa numéro 2.

La guerre interne continue à la CGC à un mois de son congrès, du 17 au 19 avril à Saint-Malo. Carole Couvert, quarante ans, issue de GDF-Suez, actuelle numéro deux et candidate à la succession de Bernard Van Craeynest (BVC), vient de dévoiler les deux autres membres du trio de direction qu’elle présentera. On retrouve au poste de trésorier Franck Zid, de la Fédération des métiers de l’aérien, et au secrétariat général Marie-Françoise Leflon, négociatrice de l’accord emploi du 11 janvier et issue de la fédération des Banques.

Le syndicat des cadres, qui n’a en soixante-cinq ans d’existence confié qu’à deux reprises à une femme un des deux postes au sommet (celui de secrétaire générale à Chantal Cumunel de 1993 à 1996, puis à Carole Couvert en 2009), pourrait donc être dirigé par un duo féminin, une première dans le syndicalisme français.

Un climat interne délétère

Cette équipe est soutenue par un pool de 13 fédérations (sur 16 à la CGC), qui dénonce depuis des mois, dans un climat interne délétère, la gouvernance « autocrate » de Bernard Van Craeynest, en poste depuis 2006. Carole Couvert affirme pouvoir compter sur « plus de 60 % des voix » au congrès et fait figure de favorite.

Mais le « canal historique » emmené par la puissante métallurgie (dont vient Bernard Van Craeynest), la chimie et la construction, reste décidé à faire barrage à ce qu’il considère comme une tentative de « putsch ». Concentrant trop de tensions sur son nom, Bernard Van Craeynest a dû renoncer en janvier à briguer un nouveau mandat. Cela ouvrait la voie à Gabriel Artero, président de la métallurgie, mais il a lui aussi renoncé faute d’avoir convaincu la fédération des banques, l’autre poids lourd maison.C’est finalement François Hommeril, issu de la chimie et secrétaire national en charge de la formation et de l’Europe, qui se présentera face à Carole Couvert . Jean-Yves Hemery (métallurgie) devrait être son numéro deux.

Reste à savoir s’ils peuvent encore inverser la tendance. « Difficile, mais pas impossible », analyse un vieux routier de la maison : « Couvert a l’avantage mais les fédérations ne sont pas homogènes en leur sein et la campagne d’Hommeril ne fait que commencer. Cela dépendra notamment de sa capacité à récupérer des voix dans la fédération des banques », qui abordera le congrès en position de faiseuse de roi.